Un travailleur brésilien découvre deux nouvelles espèces de poissons… déjà menacées d’extinction

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C’est l’une des rares bonnes nouvelles venues de ce coin maltraité de la Terre, l’Amazonie. Murilo Pastana, zoologiste originaire de Sao Paolo et spécialiste des poissons au Muséum national d’histoire naturelle de Washington, menait un recensement des poissons dans le fleuve Madeira, au Brésil. Le but, c’était de voir si leur population augmentait ou déclinait. Mais, surprise : en chanteur ses relevés, il est tombé sur deux bancs de poissons jamais observés. Des Poecilocharax, proches des tétras, les poissons néons que l’on voit souvent dans les aquariums d’eau douce. Deux centimètres de long, et des couleurs magnifiques : orangé à points noirs pour la première espèce, et doré pour la deuxième.

Two new colorful species of fish have been found in Brazil’s Amazon Basin — and they are already at risk of disappearing due to extinction https://t.co/eVh4bhdYBh

— CNN (@CNN) May 18, 2022

« C’est vraiment une découverte inattendue, explique Murilo Pastana, la dernière fois que des chercheurs ont trouvé une nouvelle espèce de cette famille, c’était en 1965, d’où notre joie quand on les a trouvé avec l’équipe. » Joie de courte durée, puisque ce que raconte aussi le chercheur, c’est l’ambiance de fin du monde dans laquelle s’est faite la découverte, une déforestation intense. « D’un côté, dit-il à CNN, c’était enthousiasmant de trouver ces poissons, et en même temps, on voyait derrière nous les arbres incendiés, la forêt qui brûlait, le ballet des camions qui chargeaient des troncs énormes et tous ces hectares finalement transformés en pâture pour du bétail. C’est là que j’ai sincère l’urgence de parler de notre découverte avant que ce monde-là ne disparaisse. »

Parce que ces poissons, à peine découvert, sont en réalité en voie d’extinction. Et pour cause : ils dépendent de ce que la forêt déverse dans le fleuve, en l’occurrence les nutriments que le sol, l’humus, les arbres apportent à l’eau. Or, s’il n’y a plus de forêt, il n’y a plus de feuilles, de branches, ni rien pour les nourrir. D’où le dilemme de Murilo Pastana : à quoi bon continuer à découvrir des espèces si leur habitat disparait ? À quoi ça sert de produire des rapports quand la maison brûle ? Peut-être que cela sert justement à avancer toute la richesse, la beauté, la diversité du vivant, avancer à quel point il y a encore à découvrir. En résumé, ça sert à proposer un peu d’émerveillement pour lutter contre l’effondrement.

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