Changement météorologique : les touristes du Mont-Blanc invités à alimenter les bases de données des scientifiques en observant la nature cet été

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Depuis à elles bureaux à Chamonix (Haute-Savoie), les scientifiques de l’observatoire du Mont-Blanc ont une vue imprenable sur le enfoncé enneigé, ses glaciers, ces pics rocheux. Un terrain d’exploration inestimable, encore dans le contexte du changement climatique.

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« C’est le plus grand versant qui existe en Europe puisque quand on part du pied du mont Blanc, on est à peu près à 500 mètres d’altitude et on monte jusqu’à 4 800 mètres d’altitude, explique Irène Alvarez, co-directrice du Centre de recherches sur les écosystèmes d’altitude (CREA). Ce qui correspond en fait, en termes de gradation climatique, aux mêmes changements que si on passait de la Méditerranée au pôle Nord ! Donc on prend un téléphérique et en sept minutes, on a franchi 1 000 kilomètres. C’est très intéressant pour nous. »

L’impact du réchauffement est d’ailà elles plus important dans ces zones montagneuses. La faune, la flore doivent s’adapter et c’est notamment ce qu’analysent les scientifiques. « C’est comme si, je vous disais : on monte la température dans la salle de cinq degrés, poursuit Irène Alvarez. Qu’est-ce que vous pouvez faire ? La faune et la flore ne peuvent pas tuer le chauffagiste ou lui demander de régler le chauffage, donc forcément, elles vont devoir s’adapter. Et donc nous, ce qu’on observe, c’est effectivement une migration vers le haut des espèces pour retrouver les mêmes conditions climatiques et aussi un grand décalage saisonnier. »

L’observatoire du Mont-Blanc, à Chamonix (Haute-Savoie). (BORIS HALLIER / RADIO FRANCE)

Des protocoles scientifiques pour les touristes

Caméras, satellites… Les chercheurs disposent de nombreux moyens pour observer le Mont-Blanc et son évolution. Mais cet été, les touristes seront également mis à contribution. « Tout le monde peut y participer », assure Anaïs Ramet, chargée de mission sciences participatives à l’observatoire du Mont-Blanc. Différents protocoles scientifiques peuvent être suivis dans deux refuges : le refuge du Plan de l’Aiguille à Chamonix et le refuge des Prés aux Contamines-Montjoie.

Un premier protocole permet ainsi aux touristes d’observer l’évolution des têtards dans la mare. Un autre permettra de suivre la floraison de certaines espèces de plantes ciblées par l’observatoire. « Ça nous permet d’avoir un suivi tout le long de l’été dans des endroits où on pourrait pas être tous les jours », se réjouit Anaïs Ramet. De quoi alimenter les bases de données des scientifiques. Mais ces observations ne se limitent pas au sommet de l’Europe : avec le programme Phénoclim, le grand public est également invité à observer la nature, des Pyrénées aux Alpes en passant par le enfoncé central.

Dans le enfoncé du Mont-Blanc, des scientifiques appellent les promeneurs à observer la nature – Reportage de Boris Hallier

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