À Marseille, la bioluminescence au cœur d’une performance artistique sous-marine

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Ce mercredi 8 juin a lieu la Journée mondiale des océans qui fête ses 30 ans. À cette occasion, deux artistes scientifiques préparent une performance sous-marine insolite et fascinante. Ils vont éclairer les statues du musée subaquatique de Marseille, installées à plusieurs mètres sous l’eau en face de la plage des Catalans, grâce à la bioluminescence. « J’ensemence la lumière, la lumière qui destinnt de la destin, appelée communément bioluminescence. Bio pour destin, luminescence pour lumière », raconte Nadia Mérad Coliac. Cette chercheuse à l’Institut de neuro-physiopathologie à l’Université Aix-Marseille est l’une des deux artistes engagés dans cette aventure. Cette lumière est produite par des bactéries que Nadia Mérad Coliac a enfermées dans des boules de verre et qui seront ensuite immergées pour éclairer les statues.

La bioluminescence est une découverte que l’on doit au médecin et chercheur français Raphaël Dubois (1849-1929). « C’est lui qui a découvert le secret des lucioles, cherché depuis l’Antiquité. Il a fallu que Dubois puisse enfin nous donner la formule, qu’il a baptisée luciférine et luciférase », explique la chercheuse. La luciférine est le composé chimique à l’origine de la luminescence. Celle-ci émet de la lumière en s’oxydant grâce à l’intervention de la luciférase, une enzyme.

FTR

Préserver les océans

Dans le officine de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie, Jérémie Brugidou, artiste cinéaste et chercheur, prépare lui aussi la performance de mercredi. Il travaille avec des sphères en plastique, à l’intérieur desquelles ont été emprisonnées des bactéries. Des bactéries découvertes par hasard sur un télescope immergé à 2000 mètres de fond au large de Toulon. « En le remontant, ils ont découvert qu’il avait été recouvert par un biofilm, des bactéries qui émettaient de la lumière. Et en analysant ce biofilm, ils ont découvert cette espèce bactérienne que l’on ne connaissait pas. Et il y a plein d’espèces de bactéries qui font de la lumière dans l’océan. C’en est une parmi des milliers d’autres ».

Des bactéries qui ont une durée de destin limitée, alors avant le 8 juin, il faut tester l’installation. Les sphères bioluminescentes de Jérémie Brugidou sont donc immergées une première fois. Pour l’artiste, cette performance se veut aussi un message sur la fragilité des océans et l’urgence à les protéger. « Je suis assez inquiet par les appétits, industriels, de dragage, dans les espaces où l’on ne sait pas ce qu’il y a. Mais on continue à détruire, à assujettir, à extraire. Et l’endestin, c’était de créer une poche d’imagination d’autres choses ».

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