Les premières maisons imprimées en 3D à Reims

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Un mur gris à l’aspect texturé est accroché à la chaîne de levage, il pèse près de deux tonnes. Chaque geste compte pour le compagnon installé aux commandes de la grue mobile. Constitué de strates de béton brut, c’est l’un des trente-cinq murs imprimés en 3D béton qui donne à ce chantier son caractère atypique. Cinq maisons mitoyennes sont en train de sortir de terre au cœur de l’écoquartier Réma’Vert à Reims (Marne). Un nouveau mode constructif qui a reçu l’avis favorable du CSTB (Centre Scientifique et technique du Bâtiment).

« On n’est plus dans la construction traditionnelle, c’est une fierté pour mon équipe de travailler pour un projet aussi ambitieux », souligne Sébastien Allard, conducteur de travaux pour Demathieu Bard. Un peu plus loin, plusieurs compagnons s’affairent auprès du mur en cours d’assemblage. Un ouvrier arrose généreusement sa base. « On le mouille avant de mettre le mortier. Ensuite, on va installer les cales puis la paroi va s’appuyer et compresser le mortier », détaille Jérôme Florentin, directeur de la maîtrise d’ouvrage de Plurial Novilia.

Une technique qui permet d’économiser 50 % de matériau

L’idée de ce chantier hors norme, c’est de remplacer les briques ou le coffrage par de l’impression 3D. Une idée pas si nouvelle puisque dès la fin des années 1990, un professeur de l’Université de Californie du Sud avait mis au point des portiques robotisés pour imprimer de grandes structures en béton. C’est ici le même procédé. « Les murs ont été imprimés par la start-up XtreeE dans son atelier de Rungis (Val-de-Marne). Ils ont travaillé avec un béton moderne à la pointe de l’innovation ». Et cette technique permet d’économiser 50 % de matériau car le robot calcule les quantités exactes nécessaires.

Le gain de matière première n’est pas le seul avantage. « Ça libère l’architecture, souligne Jérôme Florentin. On peut imaginer de nouvelles formes comme les structures courbes ou elliptiques ». Mais attention, la technique reste plus coûteuse, il faut compter 25 % de plus qu’un projet classique. En revanche, une vraie révolution s’opère sur le chantier. Principal avantage : la rapidité d’exécution. « Il faudra compter 10 mois au lieu de 16 mois pour une réalisation classique », souligne Jérôme Florentin. Et sur le chantier, il y a moins de manutention, donc moins de risques d’accidents. « Le chantier devient un lieu d’assemblage où on réduit les tâches pénibles grâce à la technologie ».

Et pour réduire les coûts, la technologie 3D est associée à l’utilisation de modules préfabriqués en bois, qui contiendront le bloc technique avec cuisine, cellier, toilette et salle d’eau. Une maison ViliaPrint et son jardin pourraient ainsi être commercialisés autour de 200 000 euros. Ces logements allant du T3 au T5 seront loués entre 600 et 850 euros. Et la suite devrait s’écrire rapidement. La prochaine étape sera la construction d’un petit habitat collectif en impression 3D. Avec l’obtention de l’Atex (Appréciation Technique d’Expérimentation) délivré par le Centre scientifique et technique du bâtiment, s’ouvre la possibilité de dupliquer sur d’autres sites français la technique inaugurée ce mois-ci à Reims.

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