Comment a été conçu le pass sanitaire européen qui vous sera utile pour partir à l’étranger

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N’oubliez pas la crème solaire, la serviette de plage et votre code QR. Afin de concilier le tourisme avec la crise sanitaire du Covid-19, l’Union européenne met en place à partir du 1er juillet un « certificat Covid numérique » gratuit et non obligatoire. Ce document administratif exempte de dépistage ou de quarantaine tous les voyageurs vaccinés, récemment testés ou rétablis après une infection datant de moins de 6 mois.

Décrit comme « un élément de fluidité pour les contrôles aux frontières » par Thierry Breton, le Commissaire européen pour le marché intérieur en charge du numérique, ce « passeport sanitaire » reprend les mêmes principes que notre pass sanitaire, notamment dans son fonctionnement et son format : un code-barres en deux dimensions imprimé sur un document papier ou intégré dans une application comme les Carnets de TousAntiCovid.

Mais le Certificat Covid numérique de l’UE décline ce concept à l’échelle de l’espace Schengen grâce à des principes de réciprocité et de confiance dans l’authenticité d’un certificat national de test ou de vaccination. Un douanier suisse, une compagnie aérienne italienne ou un policier portugais pourra vérifier la validité du « passeport sanitaire » d’un touriste étranger en toute transparence grâce à son propre système informatique et son application équivalente à notre TousAntiCovid Verif.

Un partage de signature électronique

Ce système de vérification commun repose sur le « service passerelle » ou « Gateway », un serveur central de l’UE basé au Luxembourg qui va faire le relais et homogénéiser les différents systèmes de santé publique qui authentifient les certificats de vaccination ou de test. Il a fallu pour cela se mettre d’accord sur un outil commun et complexe.

Rendre interopérables les administrations de 30 pays a été un vrai défi technique pour éviter les bugs. « La partie la plus compliquée a été de prendre en compte les différents horaires sur le continent, la manière d’écrire les dates et intégrer des caractères spéciaux de langues comme le tchèque, le roumain ou l’espagnol », décrypte Josef Lieven, coordinateur du projet chez T-Systems. Cette filiale de Deutsche Telekom a remporté l’appel d’offres de la Commission européenne avec SAP, un poids lourd allemand des logiciels.

Le chantier a débuté mi-avril avec un compte à rebours : être prêt pour les vacances d’été, soit dans huit semaines. Une équipe internationale de 50 ingénieurs et développeurs a planché en anglais sur la meilleure manière de brancher tous les tuyaux vers le serveur central tout en garantissant la cybersécurité des échanges. Beaucoup de lignes de code et de précautions pour respecter la vie privée.

Les données restent souveraines

« Aucune donnée personnelle ne transite par les réseaux et aucune application de vérification ne peut donc conserver les données des personnes contrôlées », assure Josef Lieven, de T-Systems.

« Il n’y a aucune donnée qui quitte les serveurs d’un pays membre, nous ne partageons que les informations sur nos propres signatures électroniques qui garantissent l’identité et le statut sanitaire de nos concitoyens », confirme Andres Sutt, le ministère estonien du Commerce et des Technologies de l’information.

Comment ? Au lieu d’échanger de lourdes données, chaque système informatique va faire appel à de la cryptographie. Chaque pays envoie les clés publiques qui vont permettre aux appareils de vérification des autres pays de lire le code QR d’un touriste étranger, la signature électronique qui prouve son statut sanitaire.

Comme elles sont mises à jour toutes les 24 heures, il est quasi impossible de falsifier un test ou un certificat de vaccination. Téléchargeables en quelques instants, elles permettent aussi de réaliser un contrôle des certificats sans connexion Internet.

Testé en juin par sept pays pionniers, le système semble robuste et opérationnel malgré quelques bugs. « Nous sommes confiants, tous les autres pays membres de l’accord seront prêts à temps », nous assure Johannes Bahrke, le porte-parole de la Commission européenne. « S’ils ne le sont pas, un délai de six semaines de mise en route est prévu », précise-t-il.

La France devrait commencer à diffuser la version européenne du code QR dans les prochains jours. « Nous seront prêts pour l’entrée en vigueur du dispositif au 1er juillet », affirme le cabinet du secrétariat d’Etat au Numérique. Ce nouveau code-barres viendra remplacer le 2D-DOC actuel imprimé sur les certificats et présent dans l’application TAC. Et rouvrir un peu plus les frontières, tout en nous évitant des tests nasaux pendant au moins un an.

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