Une professeure de musique répertorie toutes les compositrices de l’histoire

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C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur, tous deux considérés comme des enfants prodiges, qui ont épaté leur public à travers toute l’Europe au XVIIIe siècle. Mais, à sa majorité, la jeune fille est obligée de mettre fin à sa carrière musicale et ses performances sont vite oubliées. De telle sorte qu’aujourd’hui, vous ne connaissez sûrement pas Maria Anna Mozart.

Heureusement, il existe désormais un nouvel outil pour mettre en lumière les compositrices de toutes les époques, repoussant ainsi le sexisme, les stigmatisations et les normes sociales qui les ont longtemps invisibilisées, indique The Guardian. «On ne leur a jamais donné la place qu’elles méritaient dans l’histoire», regrette Sakira Ventura, la créatrice de cette carte interactive qui présente plus de 500 compositrices du monde entier. «Elles n’apparaissent pas dans les livres d’histoire de la musique, leurs œuvres ne sont pas jouées lors des concerts et leur musique n’est pas enregistrée», ajoute-t-elle.

Professeure de musique à Valence, en Espagne, la jeune femme a eu cette idée après avoir réalisé que lors de ses années d’étude de musique, elle avait très rarement entendu le nom de femmes ayant composé. «J’avais toujours voulu les répertorier sur une carte, alors un jour, je l’ai littéralement fait.»

La pêche à l’info

Mais regrouper des informations sur des femmes inconnues du grand public n’est pas aisé. Sakira Ventura s’est plongée dans des encyclopédies, a fouillé les bibliothèques et contacté des gens sur les réseaux sociaux. «Quand j’ai commencé, je pensais que je ne trouverais pas le nom de plus de cinq compositrices», raconte-t-elle. Après plus d’un an et des centaines d’heures de travail, son outil présente aujourd’hui 530 compositrices, une courte description de chacune d’elles et un lien pour écouter leurs œuvres. Dans ce catalogue, on retrouve par exemple Kassia, une abbesse byzantine née en 810 dont les hymnes sont encore chantés dans l’Église orthodoxe, ou Alma Deutscher, une adolescente britannique qui a composé sa première sonate pour piano à l’âge de 6 ans.

Beaucoup de femmes répertoriées sur cette carte attendaient dans l’ombre, leur carrière entachée par l’idée que la musique pouvait être un passe-temps pour les femmes mais pas une profession. «On tenait pour acquis qu’une œuvre composée par une femme ne serait pas de la même qualité que celle composée par un homme», rappelle Sakira Ventura. Mais ces barrières sociales ne les ont pas empêchées d’étudier la musique en secret. Certaines s’inscrivaient dans des couvents pour ne pas être surveillées tandis que d’autres publiaient leurs œuvres sous des pseudonymes masculins.

Les réactions à la carte interactive ont été majoritairement positives, à l’exception de quelques commentaires qui critiquaient… l’absence d’hommes. «Je dois leur expliquer que s’ils veulent des renseignements sur les compositeurs masculins, ils peuvent ouvrir n’importe quel livre d’histoire de la musique, aller à n’importe quel concert ou écouter n’importe quelle station de radio», rappelle la professeure. «Je veux que mes élèves sachent que Mozart et Beethoven ont existé et qu’il y avait aussi toutes ces femmes compositrices.»

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