Un nouveau virus détecté chez un dauphin pourrait déclencher une épidémie chez les mammifères marins

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Des biologistes d’Hawaï ont détecté une souche jusqu’alors inconnue de morbillivirus des cétacés, un agent pathogène qui peut causer des infections mortelles chez les mammifères marins du monde entier. Le virus a été découvert chez un dauphin de Fraser, une espèce très sociale, ce qui fait craindre que la maladie ne se propage et fasse des victimes au-delà de l’océan Pacifique, rapporte Gizmodo.

Quand ce jeune dauphin s’est échoué au large des côtes de Maui en 2018, des scientifiques ont enquêté sur son état pendant deux ans. Son corps était plutôt en bonne santé, mais ses organes montraient des signes de maladie. Une analyse génétique de ses cellules en a dévoilé la raison: une «nouvelle souche très divergente du morbillivirus», indique Kristi West, chercheuse à l’Institut de biologie marine de l’université d’Hawaï, dans un communiqué. Les détails de l’étude ont été publiés dans Nature Scientific Reports.

On ne connaît qu’une poignée de souches du morbillivirus, mais ces dernières ne présagent rien de bon: ces virus peuvent entraîner des épidémies mortelles parmi les mammifères marins, dont les dauphins, les baleines et autres cétacés. D’autres espèces de morbillivirus provoquent par exemple la rougeole chez les êtres humains.

200 dauphins morts au Brésil à cause du morbillivirus en 2017

Les dauphins de Fraser sont des animaux très sociaux et amicaux, et sont connus pour se mélanger avec les autres dauphins, et même avec les baleines. Par conséquent, ils pourraient propager ce virus hautement contagieux dans d’autres parties du monde. Les personnes travaillant au contact de la faune marine et les défenseurs de l’environnement doivent donc être sur leurs gardes.

«C’est d’autant plus important pour nous, à Hawaï, car nous avons de nombreuses autres espèces de dauphins et de baleines ici, qui pourraient également être vulnérables à une épidémie de ce virus, ajoute Kristi West. C’est par exemple les cas des fausses orques, dont on estime qu’il ne reste que 167 individus. Si le morbillivirus se propageait chez ces animaux, cela créerait non seulement un obstacle majeur au rétablissement de la population, mais cela représenterait aussi une menace d’extinction.»

La question est très sérieuse. Deux précédentes épidémies impliquant des souches de morbillivirus ont entraîné des taux de mortalité élevés chez les dauphins au large du Brésil et sur la côte ouest de l’Australie. Au Brésil, plus de 200 dauphins de Guyane seraient morts de la maladie entre novembre et décembre 2017.

Les scientifiques à l’origine de l’étude précisent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour tester l’immunité des dauphins et des baleines du Pacifique, et pour établir les taux d’infections antérieures des épidémies ainsi que l’ampleur de celle qui risque de sévir. Il ne sera toutefois pas facile de maîtriser cette maladie. Le Health and Stranding Lab de l’université d’Hawaï parvient à récupérer moins de 5% des cétacés qui meurent dans les eaux de l’archipel. Mais une campagne de vaccination n’est pas exclue: la National Oceanic and Atmospheric Administration a travaillé sur un vaccin contre le morbillivirus pour un groupe de phoques moines d’Hawaï.

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