Pour les plus de 60 ans, le contact virtuel est parfois pire que l’absence de contact

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Durant les confinements, des milliers de personnes sont restées en contact avec leur famille et leurs amis grâce aux téléphones, aux appels vidéo et autres formes de contact virtuel. Les chorales sur Zoom, les clubs de lecture en ligne ou encore les histoires virtuelles à l’heure du coucher des enfants ont permis d’éviter le sentiment d’isolement. Mais pas pour tout le monde, explique The Guardian.

Une étude, une des premières à comparer les interactions sociales au sein des foyers et le bien-être mental durant la pandémie, a trouvé que les personnes âgées qui sont passées à la socialisation en ligne ont connu un plus grand sentiment d’isolement et davantage de troubles de santé mentale, que celles vivant le confinement seules. «Nous nous attendions à ce qu’un contact virtuel soit plus bénéfique qu’une absence de contact mais cela ne semble pas avoir été le cas chez les personnes âgées», a déclaré le Dr Yang Hu, de l’université de Lancaster, co-auteur de l’étude publiée dans Frontiers in Sociology.

Un usage des technolgies intensif

Selon lui, le problème réside dans le fait que les personnes âgées, peu familières des nouvelles technologies, ont trouvé stressant d’apprendre à les utiliser. Et même chez celles qui les maîtrisaient déjà avant la pandémie, leur usage durant les confinements a été si intensif et stressant qu’il leur a fait plus de mal que de bien. «Une exposition prolongée aux moyens de communication numériques peut également provoquer des burn-out. Les résultats sont très cohérents», a ajouté le Dr Yang Hu, qui a collecté des données auprès de 6.500 personnes de 60 ans, pendant et après les confinements.

Il estime que lors des prochaines crises, il faudrait mettre l’accent sur des moyens permettant d’avoir des contacts face à face. «Nous devons renforcer la capacité numérique des personnes âgées pour pouvoir utiliser la technologie la prochaine fois qu’une catastrophe comme celle-ci se produira», préconise-t-il. Il a également ajouté que ces résultats pointaient du doigt les limites d’un avenir uniquement numérique.

Quant à Caroline Abrahams, directrice caritative d’Age UK, elle rappelle les conséquences du sentiment de solitude. «Il n’est pas exagéré de souligner que dans le pire des cas, la solitude peut tuer, dans le sens où elle affaiblit la résilience aux menaces pour la santé, et conduit les personnes âgées à perdre tout espoir, parce qu’elles n’ont plus de raison de continuer à se battre.»

Des recherches du Center for Aging Better ont révélé que la pandémie avait entraîné une augmentation significative de l’usage des technologies chez les 50-70 ans.

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