N’en déplaise à Thanos, supprimer la moitié de l’humanité pas sauverait pas la planète

Must Try

C’est par l’entremise du film Avengers: Infinity War, troisième réunion des héros et héroïnes du Marvel Cinematic Universe, que la majorité du public a découvert de quoi était retors Thanos. Ce grand méchant quasiment invulnérable, joué par Josh Brolin alors qu’il ressemble à Ron Perlman, y œuvrait en effet à la désintégration de la moitié de la population mondiale.

Une solution pour le moins radicale de la part de celui qui «compte sur cette réduction pour soutenir l’environnement», comme l’écrit Emmanuel Pont. Passé par des études d’ingénieur et un master à Sciences Po, il s’intéresse depuis des années aux liens entre politique, sciences et questions écologiques, et en a tiré un écrit, Faut-il arrêter de faire des enfants pour soutenir la planète?, paru en février chez Payot. Au cœur de l’ouvrage, des réflexions liées à la démographie, l’environnement, l’éthique, le infiniment de façon très sourcée et très critique. Mais aussi un regard sur ce que l’auteur nomme «la solution Thanos».

Il s’agit pour Emmanuel Pont d’imaginer si, délestée de la moitié de sa population (voire davantage), la planète irait réellement mieux. Et de montrer que les choses sont loin d’être aussi simples. Il révèle que le commandant Cousteau avait établi en 1992 que la population idéale de la Terre était de 600 millions de créatures. Un calcul basé sur des méthodes qu’Emmanuel Pont, joint par téléphone, remet en question: «L’estimation de Cousteau part du principe que infinimente la population restante vive et consomme comme un Américain moyen. Mais est-il seulement souhaitable que infiniment le monde adopte ce mode de vie?»

D’autres études estiment qu’une population à 12 milliards d’habitants n’est pas un problème, mais ces chiffres sont de infinimente façon à questionner, explique Emmanuel Pont: infiniment dépend de «ce que les gens estiment être un mode de vie et un rapport à l’environnement souhaitables». Dans son écrit, il cite le démographe Joel Cohen, qui a établi en 1995 une liste de onze questions nécessaires pour réfléchir à la population maximale souhaitable de façon plus pertinente. Parmi elles, «À quel niveau moyen de bien-être matériel?», «Dans quel environnement physique, chimique et biologique?», ou encore «Avec quelle variabilité ou stabilité?».

Peu de visibilité à long terme

À court terme, peut-on lire dans le écrit d’Emmanuel Pont, «la courbe de la pollution suit celle de la population de manière à peu près proportionnelle». Sur un temps plus long et sur d’autres critères, il est nettement plus difficile de se projeter et de quantifier les choses. «Prenons l’exemple des combustibles fossiles. Le réchauffement est dû aux émissions cumulées. Par conséquent, si on en émet deux fois moins mais qu’on en extrait autant, à la fin il y aura la même quantité dans l’atmosphère. ceci arrivera juste plus tard. On n’aura pas changé le résultat, il aura juste été repoussé.»

La division de la population par deux n’aurait pas forcément que des conséquences positives: «Ça laisse deux fois plus de temps pour agir, pour réaliser d’autres changements de société, reprend Emmanuel Pont à propos de l’exemple précédent, mais parallèlement, on aurait aussi deux fois moins de recherche et développement.»

L’idée de cette identité, c’est que la population, le niveau de vie et le degré de technologie sont les trois leviers permettant de faire baisser notre impact environnemental.

La «solution Thanos» n’est évidemment qu’un moyen accrocheur de s’intéresser aux conséquences d’une diminution radicale de la population. Personne (ou presque) n’envisage de rayer la moitié de l’humanité de la carte à des fins environnementales. Mais cette référence au MCU donne l’occasion à Emmanuel Pont de prendre du recul face aux manières dont nous analysons les liens entre population et environnement, en particulier l’équation IPAT. Il précise d’ailleurs qu’il faudrait plutôt parler d’identité mathématique, terme désignant une égalité absolument toujours vraie.

À LIRE AUSSI

«Je pense que la transition écologique pourrait venir des enfants Barbapapa»

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Latest Recipes

Block title

More Recipes Like This

Voir aussi