L’être humain est capable de savoir que quelqu’un a une infection rien qu’en le regardant

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Le neuroscientifique Artin Arshamian et ses collègues de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède) ont mené une étude pour voir s’il était possible pour certaines personnes d’indiquer, rien qu’en les regardant, un début d’infection chez des individus d’une communauté avec laquelle ils ont peu de relations, rapporte New Scientist.

Pour ce faire, l’équipe de recherche a montré des photos de visages occidentaux –des Suédois– photographiés deux heures après une injection de la bactérie Escherichia coli ou d’un placebo à un groupe de 169 volontaires, divisés en six groupes culturels différents. Parmi eux, des individus de cinq communautés non occidentales, tels que des chasseurs-cueilleurs des forêts vierges thaïlandaises et malaisiennes ou du désert de la côte mexicaine, et des individus d’une seule communauté occidentale, des citadins habitant Stockholm.

Les personnes qui ont reçu la bactérie étaient au premier stade d’une réponse immunitaire quand leurs photos ont été prises. Les scientifiques affirment qu’à la fin de l’expérience, toutes les communautés avaient pu déceler les malades. L’étude montre donc que les indices laissés par la réponse immunitaire des corps après avoir été infectés sont reconnus dans toutes les cultures.

Un don d’utilité publique

Joshua Tybur, professeur en psychologie à l’Université d’Amsterdam (Pays-Bas), explique que la capacité d’identifier une personne malade à un stade précoce peut être très utile pour reconnaître les individus qu’il faut éviter, mais aussi pour savoir quand nos proches ont le plus besoin d’aide.

«Le plus dangereux, c’est de rentrer en contact avec des agents pathogènes avec lesquels votre système immunitaire a peu d’expérience, souligne Arshamian. C’est l’un des problèmes lorsque de nouvelles populations se rencontrent et se mélangent. Elles leur apportent des agents pathogènes auxquelles elles sont très peu exposées et c’est très dangereux. En gros, c’est ce qui est arrivé aux Amérindiens.»

L’équipe de l’Institut Karolinska avait pensé que les volontaires de Stockholm seraient meilleurs que les individus non occidentaux pour reconnaître les malades, puisque les photos étaient celles de personnes de leur propre communauté, mais cela n’a pas été le cas. «Je pense qu’il s’agit d’une capacité si générale que l’expérience culturelle n’affecte probablement pas autant [le processus] que ce que l’on croirait», avance Arshamian.

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