Les ultra-marathons, ces courses extrêmes et épuisantes, sont de plus en plus populaires

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John Stocker n’avait pas dormi pendant plus de trois jours quand il a finalement franchi la ligne d’arrivée d’un ultra-marathon dans le Suffolk, en Angleterre, où il a couru plus de 540 kilomètres. Sur les 123 personnes qui avaient démarré la course à Knettishall Heath le 5 juin, John était le dernier à courir, 81 heures plus tard, ne s’arrêtant que pour se nourrir et se reposer rapidement. Toute sa force physique et mentale y est passée pour franchir le dernier tour, relate The Guardian.

«La fatigue prend le dessus, a raconté ce coach personnel de 41 ans, alors qu’il récupérait chez lui, à Bicester. Mais la raison pour laquelle je fais ces courses ultra, c’est justement pour montrer à mes enfants qu’ils doivent essayer de donner le meilleur d’eux-mêmes, et ne pas se laisser dire qu’ils ne peuvent pas réussir. C’est ce qui m’a permis de continuer.»

Explosion de la participation

Les ultra-marathons ont gagné en popularité ces dernières années: un rapport publié en mai montre une augmentation de 345% de la participation mondiale en dix ans, et des milliers d’événements ont lieu chaque année. Le terme d’ultra-marathon désigne globalement une course dont la longueur est supérieure à celle d’un marathon, et qui peut avoir de multiples formes. C’est le cas du Marathon des Sables (251 kilomètres dans le Sahara) ou de la Spine Race (431 kilomètres à travers les Pennines, au nord de l’Angleterre).

Lors de la course de Suffolk, à laquelle a participé John Stocker, les participants devaient parcourir un itinéraire de 7 kilomètres toutes les heures, jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus continuer. Si les coureurs terminent leur tour plus tôt, ils peuvent faire une courte pause pour dormir, manger et aller aux toilettes. «Je fais encore des cauchemars en pensant aux coups de sifflet qui retentissaient encore et encore», se rappelle le père de famille. Avec Matthew Blackburn, ils ont battu le record de cette épreuve, précédemment détenu par un Belge qui avait couru 502 kilomètres en 75 heures en octobre.

«La popularité croissante de la course à pied et la hausse du nombre de marathoniens ont entraîné une inflation naturelle, explique Adharanand Finn, auteur de The Rise of the Ultra Runners. Dire aux gens que vous avez couru un marathon n’est peut-être plus aussi impressionnant qu’avant. Ces courses sont tellement épiques et énormes que les gens sont très impressionnés et c’est facile de se laisser entraîner par ça.»

Les courses ne sont pas sans risque: la communauté des ultrarunners se remet tout juste de la mort de vingt-et-un coureurs d’ultrafond en Chine en mai. Le pays a d’ailleurs suspendu toutes les courses longue distance et une enquête est en cours. Mais les décès restent rares: en trente-cinq ans, deux personnes sont mortes au Marathon des Sables.

«Nous devons avoir un filet de sécurité, car on demande aux gens de pousser leur corps jusqu’à la limite absolue de l’épuisement», a déclaré Lindley Chambers, qui a organisé la course de Suffolk. Le parcours a été soigneusement tracé, a-t-il ajouté, pour éviter tout risque de blessure. «D’un autre côté, les coureurs veulent que ça ressemble à une aventure, ils veulent avoir la sensation d’être mis au défi.»

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