Les femmes sont plus difficiles à recruter pour la recherche cardiovasculaire

Must Try

Chaque année, plus de femmes que d’hommes meurent de maladies cardiaques. Pourtant, de nombreux obstacles existent lors du recrutement de femmes pour la recherche cardiovasculaire. Une observation récente de 740 essais cliniques dans le domaine, menés entre 2010 et 2017, a révélé que les femmes représentaient environ seulement 38% du total des participants, rapporte The Guardian.

L’un des auteurs de l’étude, la docteure Jeske van Diemen, du centre médical universitaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas, a déclaré que changer cela «n’était pas aussi facile qu’il y paraît».

En effet, il n’est pas toujours évident de comprendre pourquoi les femmes participent moins dans les domaines tels que la recherche cardiovasculaire que les hommes. Van Diemen et ses collègues ont donc enquêté sur les arguments qui poussaient les individus à s’inscrire à ce genre d’essai clinique.

Des sujets de test déconcertants

D’après les études qu’ils ont identifiées, les principaux facteurs de motivation sont la possibilité d’accéder à de meilleurs soins et le désir altruiste de promouvoir la science. Les obstacles, quant à eux, étaient liés aux contraintes de temps ou à la potentialité de résultats défavorables. En revanche, les femmes craignent plus de problèmes consécutifs aux essais cliniques. Si la différence de perception des risques liés à ce genre de recherche médicale entre les sexes est difficile à expliquer, la Dr Van Diemen suggère toutefois que «les femmes ont davantage de contraintes qui rendent leur assiduité aux rendez-vous plus difficile, comme par exemple ne pas avoir de permis de conduire, ou devoir s’occuper des enfants».

De plus, parmi les études cardiovasculaires publiées dans trois revues médicales, les femmes ne composaient que 10% des comités de direction des essais cliniques, d’après les auteurs de l’étude. Ils suggèrent d’ailleurs que si l’on veut améliorer la participation féminine lors des recherches médicales, il faudrait commencer par recruter plus de femmes dans les équipes de recherche.

Historiquement, il est vrai que les essais cliniques ont toujours privilégié les sujets masculins. À cause d’une série d’anomalies congénitales et d’autres problèmes liés à l’exposition des fœtus à certains médicaments entre les années 1940 et les années 1970, les scientifiques ont exclu de la recherche clinique sur les médicaments les femmes et leurs fœtus, et, plus tard, les femmes en âge de procréer. À cause de leur taux d’hormones fluctuants, les femmes étaient également considérées comme des sujets de test déconcertants par des chercheurs qui pensaient généralement que les femmes et les hommes réagissaient de la même manière aux médicaments. Au bout du compte, les hommes blancs ont fini par être considérés comme la population «normale». Heureusement, les normes réglementaires ont évolué en faveur de la réintégration des femmes dans les essais cliniques dans les années 1990.

Dans de nombreux autres domaines de la recherche médicale, le recrutement pour les essais cliniques est assez équilibré en matière de sexes. Cependant, l’analyse des données par sexe n’a pas toujours lieu –et les conséquences ne peuvent être que préjudiciables.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Latest Recipes

Block title

More Recipes Like This

Voir aussi