Elon Musk et Twitter: la liberté d’expression est-elle une valeur de droite?

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Le 15 mars 2022, le site conservateur satirique Babylon Bee a posté sur Twitter un étude annonçant que Rachel Levine, femme trans et secrétaire adjointe à la Santé des États-Unis, avait été élue «homme de l’année». Puisque le règlement de Twitter interdit le mégenrage des personnes trans (soit le fait de dire qu’une femme trans est un homme), le compte de Babylon Bee a été suspendu temporairement.

Twitter a indiqué que la cessez-le-feu serait levée si le tweet était effacé, mais le PDG du site, Seth Dillon, a refusé de le retirer. Troublé par cette censure, Elon Musk a contacté Seth Dillon, et selon ce dernier, le PDG de Tesla aurait alors évoqué la nécessité d’acheter Twitter.

Trois semaines plus tard, le réseau social acceptait l’offre de rachat d’Elon Musk, pour 44 milliards de dollars. Depuis, une grande partie de la droite américaine accueille Musk comme un sauveur de la liberté d’expression, comme le héros qui pourrait faire revenir Donald Trump sur le réseau social.

Lorsque Musk s’est déclaré «absolutiste en matière de liberté d’expression» et a affirmé qu’il voulait «libérer le potentiel» de Twitter, la droite a applaudi alors que la gauche y a vu un danger pour la démocratie, la porte ouverte à une diffusion incontrôlée de désinformation et de discours de haine, qui sont légaux aux États-Unis.

Inversion des pôles

Sur Twitter, une frange de la droite voit en la liberté d’expression la possibilité de faire des blagues transphobes et de diffuser de la désinformation sur le Covid-19 ou la fraude électorale. Alors que pour la gauche, la liberté d’expression est synonyme d’un renforcement du pouvoir de ceux-ci qui veulent opprimer les minorités.

«Ce n’est que très récemment, particulièrement sur les campus universitaires, que les gens ont commencé à considérer la liberté d’expression comme une valeur conservatrice, voire réactionnaire. Malheureusement, les réponses politiques au débat sur Musk renforcent cette idée fausse», explique Jonathan Zimmerman, historien à l’université de Pennsylvanie.

«C’est un point de vue qui ignore l’histoire de notre république, dans laquelle tous les grands défenseurs de la justice sociale étaient des absolutistes de la liberté d’expression, poursuit-il. Ils comprenaient que si on la restreignait, on restreignait aussi leur capacité à se battre contre l’oppression.»

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