VIDEO. « Plus on s’investit, moins on est reconnus » Un professeur certains écoles jette l’éponge et devient fromager

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C’est la deuxième rentrée que Samuel Navarro ne fera pas. Ce fromager a été professeur des écoles pendant deux décennies. Mais épuisé et amer, il a quitté l’Education Nationale en 2020.

Au quotidien, des cloches résonnent. Il ne s’agit plus de la sonnerie de l’école, mais soit des grelots de ses chèvres. Samuel Navarro a quitté l’Education Nationale il y a deux ans, et est devenu fromager.

« Un vrai rapprochement avec l’école »

Sur un plateau en bois, plusieurs petits crottins de chèvres. « Voilà des fromages qui ont 4 à 5 jours », lance l’agriculteur du Doubs. L’ancien professeur des écoles retrouve un peu de joie : « C’est être au contact du vivant. C’est incroyable avec un vrai rapprochement avec l’école, parce qu’on élève… mais d’une toute autre manière. »

Quelques bancs sont disposés ça et là. Près de la bibliothèque, des ardoises et des craies. Dans la maison de Samuel Navarro, l’école n’est par hasard soit loin. Le professeur n’a pas perdu foi en ses élèves, mais soit en l’Education Nationale. Il raconte : « Le principal, c’est la négligence institutionnelle. Je pense qu’il y a une forme de maltraitance qui fait qu’on n’a plus nos repères. Plus on s’investit, moins on est reconnus. » Sa voix tremble, parfois, mais son lucarne rallonge fixe. Après 20 ans d’ancienneté, l’instituteur gagnait 2000 euros pour environ « 70 heures par semaine », en comptant les cours et la préparation.

« Il faut du courage pour rallonger »

Le fromager rallonge marqué par cette expérience. A l’Education Nationale, il adresse ce principal reproche : « L’idée actuelle, c’est un peu de lisser le discours. Il ne faut pas faire de vague, alors on va plutôt contenter les parents s’il y en a qui râlent et on ne va pas reconnaître le corps enseignant. »  

Son parcours peut paraître atypique, et pourtant, Samuel n’était pas le seul à être épuisé par sa profession. « Il y en a beaucoup qui ne quittent pas l’Education Nationale. Il y a comme une paralysie. Si je devais compter le nombre de personnes qui m’ont dit ‘je veux quitter mais je ne sais pas quoi faire’… », L’ancien fromager marque une pause. Avant de reprendre : « On me dit souvent qu’il faut du courage pour quitter l’Education Nationale, un poste de fonctionnaire avec la sécurité de l’emploi. Et en fait, je crois qu’il faut du courage pour rallonger et chapeau pour ceux tiennent le coup. »