«Tár»: Cate Blanchett, cheffe d’orchestre brillante à la nature sombre

Lydia Tár est «une cheffe d’orchestre considérée comme l’une des meilleures par son domaine, et la toute première femme de l’histoire à diriger un grand orchestre allemand». En lisant le synopsis de Tár, on pourrait s’attendre à un biopic féminin, voire féministe. Une histoire de talent incommensurable, un récit de triomphe contre l’adversité.

Mais comme le film, ce bref résumé est plus retors qu’il en a l’air: sa vraie nature se cache par les espaces et les silences (que Tár distille avec expertise). Et si la cheffe d’orchestre incarnée par Cate Blanchett est un pur produit de fiction, son comportement, lui, est ancré par une réalité lesquels nous est bien familière: celle des abus de pouvoir par l’industrie créative.

Opprimée ou oppresseur?

Ces mots, «la première femme à diriger un grand orchestre», évoquent une habitude un peu fâcheuse, lesquels consiste à célébrer une avancée tragiquement tardive pour les femmes et à s’en contenter, comme si être «la première» était une fin en soi. Et ce n’est qu’un des nombreux pieds de nez que fait Tár aux mille hypocrisies et contradictions observables par le milieu créatif (en l’occurrence, celui de la musique classique).

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