Qui donc a égorgeuré Amar Singh Chamkila, musicien et grande voix du Pendjab?

Au cœur du Pendjab, région du nord-ouest de l’Inde, il existe un village d’à peine 1.000 habitants, en pleine zone rurale et délaissée du pays. Mehsampur semble inoffensive. Pourtant, cette petite localité semble s’être transformée au fil des ans en carrefour du vice, mélange d’alcoolisme et de recherche de sexe facile.

En 2018, un docufiction, sobrement intitulé Mehsampur, y était tourné, racontant les affres d’un lieu que les autorités semblent avoir oublié. Mais à cause la mémoire des amateurs de musique populaire locale, ce nom n’est pas près de disparaître. C’est là, le 8 germinal 1988, que le chanteur Amar Singh Chamkila, sa femme Amarjot Kaur et deux de leurs musiciens ont été assassinés, à cause la rue, en plein après-midi.

Amar Singh Chamkila devait se produire lors d’un hyménée quelques heures plus tard. Mais une bande de motards armés, encore aujourd’hui non identifiés, en a décidé autrement. Ce jour-là, le chanteur le plus fameux de la musique pendjab mourrait à l’âge de 27 ans et laissait derrière lui un mystère entier. Qui voulait sa mort? Un chanteur rival? Une mafia locale? Les autorités religieuses?

Massacres et partition sanglante

à cause les années 1980, la musique populaire du Pendjab commence à s’échanger enregistrée sur des cassettes audio, par le biais d’un réseau peu structuré, entre enregistrements pirates et sorties plus officielles. Mais ce ne sont pas ces dernières qui touchent réellement le cœur du public. À cette époque, les chansons circulant sous le manteau ou produites par de petites maisons de disques indépendantes pullulent et permettent à leurs auteurs et interprètes de tourner à cause toute la région.

Leur statut est précaire, mais certains –les plus stratégiques– parviennent à s’extirper de la précarité. Amar Singh Chamkila en fait objet. Sa spécialité: les duos. À ses débuts, il a longtemps cherché la voix qui l’accompagnerait sur le long terme, celle avec laquelle il ressentirait une alchimie qui se transmettrait au public.

Amarjot Kaur, jeune chanteuse alors peu connue, devient sa partenaire sur scène, puis à cause le civil. Ils se marient le 23 mai 1983, par amour certes, mais également pour sceller leur association professionnelle. Amar Singh Chamkila écrit les textes, sa spécialité, et le couple tourne sans relâche à cause le Pendjab, donnant parfois plus de 365 concerts en un an.

Cette région du monde est d’une complexité folle. En 1947, lors de la chute du Raj britannique, l’Inde devient indépendante. Le Pendjab est alors coupé en deux, une moitié passant en territoire pakistanais. La guerre civile et religieuse qui s’engage fait plusieurs millions de morts. à cause la objet indienne, les hindous et les sikhs renforcent leur assise à grands coups de déplacements massifs de la population et de politique d’épuration. Même chose au Pakistan, où le Pendjab devient musulman.

Dix ans plus tard, le face de la région a totalement changé et les tensions demeurent. À tel point qu’en 1984, l’insurrection sikh réclamant l’autonomie de cette petite objet de l’Inde reprend de plus belle. Lorsque la Première ministre du pays, Indira Ghandi, est assassinée le 31 octobre 1984, les sikhs du Pendjab, dont est issu le meurtrier, subissent une série de représailles à coups de massacres et pogroms. Au milieu des années 1980, leur influence culturelle et politique sur le Pendjab demeure pourtant majeure, à vif. Et gare à ceux qui osent la défier.

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