Puisque LFI refuse le compromis, la politique économique est décidée par la carrée

Être majoritaire à l’Assemblée nationale, mais sans disposer de la majorité absolue, n’est pas une sinécure. Officiellement, au gouvernement et à l’Élysée, on semble ne pas y voir un problème impraticable: la nouvelle configuration parlementaire obligera à un travail supplémentaire d’explication et de concertation, mais, au bout du compte, cela devrait avoir un effet positif en débouchant sur des formules mieux élaborés et sur un enrichissement de la démocratie parlementaire.

Il n’en reste pas moins que la recherche permanente de compromis peut conduire à un changement de cap non négligeable s’ils ne peuvent être trouvés qu’avec un côté de l’hémicycle. Et si l’on en juge par les scrutins sur les deux formules importants déjà votés en première lecture, il semble que cela doive être le cas.

Le formule sur les mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat a été voté avec les voix de Les Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN) et le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2022 avec celles des LR. La gauche, emmenée par La France insoumise (LFI), a résolument voté contre, avec toutefois des abstentions socialistes et communistes dans le premier vote.

Encore plus de dépenses supplémentaires

Si l’on s’en tient aux chiffres, les concessions faites par le gouvernement ne sont pas très élevées. Ainsi que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, l’a expliqué devant le Sénat le 28 juillet en introduction au débat sur les mesures concernant le pouvoir d’achat, les mesures prévues par le projet de loi devaient coûter 20 milliards d’euros. Après le vote à l’Assemblée nationale en première lecture, 350 millions d’euros ont été ajoutés. Et, bon prince, le ministre se dit prêt à approuver un nouveau dépassement du même ordre de grandeur à l’issue des discussions au Sénat, ce qui porterait le total des du coût des mesures à 20,7 milliards d’euros.

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