Les jardins ouvriers, « une micro-société »

Alors que les dernières gelées s’éloignent, c’est l’heure de planter des tubercules. À l’entrée des closs des Ricolées, Marius et Amandine cultivent 120 m². Un terrain loué une cinquantaine d’euros par an. « On a toujours voulu avoir un petit coin de terre pour faire pousser nos légumes », confie Amandine Fourez, serveuse de 22 ans. Une envie de closer loin d’être pupille. « En plus de se retrouver dans le quartier, on vient se retrouver au clos. C’est une micro-société », dit Dany Santrain, président de l’association des closs ouvriers d’Hazebrouck (Nord).

Le potager, une école d’humilité

Jean-Paul Dubaele rafle le premier prix du plus beau clos chaque été. Il loue sa parcelle ici depuis une quinzaine d’années. « Mon grand-père m’a partagé ses astuces, après je les partage à d’autres », indique l’ancien chaudronnier de 62 ans. Cultiver son potager est une école d’humilité. Même les plus expérimentés ont des déboires, mais peu importe, car sous la terre, si l’on sait creuser, se dénichent parfois des trésors, une amitié qui fleurit et un parfum de liberté.