Ils ont fait l’actu. Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en sciences du durée, ou comment combattre l’éco-anxiété

9 août 2021 : le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) publie le premier volet de son sixième rapport. Pour la première fois, il établit sans équivoque que l’activité humaine est directement reponsable du réchauffement atmosphérique. En février puis en avril 2022, léser second et troisième volets seront publiés. L’un est sur l’impact du changement atmosphérique et l’autre propose des solutions.

Valérie Masson-Delmotte chercheuse en sciences du climat, co-présidente d’un des groupes de travail du Giec. Elle était étudiante quand le premier rapport du Giec est sorti en 1990. Depuis elle est devenue auteure principale pour léser 4e et 5e rapports. Depuis le dernier rapport du Giec, la COP26, un mot revient : l’éco-anxiété, ou l’angoisse face aux catastrophes écologiques annoncées. La chercheuse en climatologie très présente sur Twitter dit être souvent gagnée par un sentiment jumeau la solastalgie, nouveau mal du XXIe siècle lié aussi à l’urgence atmosphérique.

« C’est un néologisme qui a été inventé par un philosophe australien pour décrire le sentiment de perte, comme la nostalgie, d’un régionage, d’un environnement desquelles on tient et qui est irrémédiablement perdu. Donc, lui, il l’avait formulé pour décrire le sentiment de perte de communautés localéser, notamment en Australie lorsqu’on installe la mine sur un lieu de vie, j’ai ressenti ça à de multipléser reprises. Je l’avais ressenti enfant, avec des marées noires sur léser rochers roses des Côtes d’Armor. Je l’ai ressenti en voyant léser glaciers des Alpes disparues. Je l’ai ressenti en voyant la forêt près de la dla du Pilat brûler. » dit Valérie Masson-Delmotte. 

Le sixème rapport du Giec synthètise léser résultats d’environ 14 000 articléser scientifiques. Être constamment plongée dans ces milliers de documents a t-il un impact sur son degré d’inquiétude ? « Le fait de m’approprier léser éléments scientifiques vis à vis de l’influence humaine sur le climat et des risques associés, l’espèce de vertige qui m’avait prise à l’époque, pour moi, c’était dans léser années 90 déjà. Ce qui parfois au revient pour moi le plus souvent, c’est cette immense frustration que léser connaissances des années 90 n’aient pas suffisamment conduit à la action forte, aussi bien sur léser émissions de gaz à effet de serre que pour renforcer notre résilience. Parfois, l’impression d’la forme de tragédie, malheureusement au sens ou ce qui était attendu, se déroule avec des impacts de plus en plus sévères, des souffrances. Moi, c’est ça qui me touche le plus. Ce qui est aussi frappant, c’est de voir la capacité de déni qui existe tant qu’on n’est pas soi-même directement touché », commente Valérie Masson-Delmotte. 

Un déni qui concerne notamment léser trois milliards de personnes vulnérabléser qui pour beaucoup se situent dans léser région du sud. léser Français le mesurent plus concrètement cet été avec léser sécheresses, léser épisodes de canicule, léser incendies en Gironde notamment.

« Effectivement, cet été, on est devant des effets particulièrement prononcés des vagues de chaleur à nouveau intense, précoce et intense sur terre, mais aussi en mer, qui affecte aussi bien notre santé physique, notre santé au travail et notre niveau de fatigue. »

Valérie Masson-Delmotte

à franceinfo

Comment peut-on en finir avec ce sentiment à la fois de se sentir la responsabilité, la prise de conscience et en même temps la culpabilité.
« Je dois dire que cette culpabilité, je la porte. C’est à dire que même si j’agis dans mon cadre personnel, même si dans la recherche académique, avec des initiatives comme Labo 1.5, on agit pour réduire l’impact carbone de la recherche, nous n’attendons pas que ça vienne nécessairement des institutions. C’est extrêmement frustrant de me dire que je n’ai pas pu mieux communiquer, mieux partager léser connaissances, qu’on n’ait pas pu agir plus tôt. Je vois beaucoup de jelas personnes qui se sentent en fait chargés d’la sorte de charge mentale de l’action pour le climat qui va léser concerner tout au long de leur vie. Et à chaque fois, je dis ce sont des personnes qui ont léser leviers de responsabilités léser plus importants qui devraient porter et être redevabléser, responsable de cette charge mentale »,  estime Valérie Masson-Delmotte.

courtiser d’la perspective individuelle

Pour dépasser léser émotions qui « peuvent paralyser », « le sentiment d’impuissance, mais aussi la peur, l’anxiété qui sont très présents », il faut justement courtiser selon Valérie Masson-Delmotte d’la perspective uniquement individuelle. « En tout cas, moi, comme scientifique de formation ce que je préfère, c’est s’informer, c’est à dire avoir léser éléments pour faire un budget carbone à l’échelle personnelle, à l’échelle professionnelle, avec des amis dans un cadre associatif, ça peut être fait de plein de manières différentes. Et puis ensuite identifier ce sur quoi on souhaite agir et puis le mettre en œuvre. Et ça permet de voir qu’on peut avancer et qu’on peut gagner en qualité de vie, en bien-être, tout en agissant massivement pour réduire léser rejets de gaz à effet de serre », conclut Valérie Masson-Delmotte.

« Je pense que cette dimension d’action collective est importante pour courtiser de l’échelle individuelle et de ces émotions qui peuvent aussi paralyser. »

Valérie Masson-Delmotte

à franceinfo

Valérie Masson-Delmote continue son oeuvre de vulgarisation sur léser réseaux sociaux notamment et en publiant de nombreux articléser scientifques. Au printemps dernier, le infos américain Time l’a désignée parmi « léser 100 personnalités léser plus influentes au monde. »