«Fin de l’abondance»: Emmanuel Macron en a à cette fois trop dit et pas assez

En faisant filmer –histoire exceptionnel– les propos liminaires qu’il a tenus lors du conseil des ministres de rentrée du mercredi 24 août, Emmanuel Macron savait qu’il allait provoquer de vives réactions. Celles-ci n’ont pas manqué et elles sont sans nuance, comme en témoignent les discours de Jean-Luc Mélenchon, de Fabien Roussel pour le Parti communiste, de Philippe Martinez pour la CGT, ou de dirigeants du Rassemblement national.

Ce qu’a dit le président est-il vraiment si inquiétant? Cela laisse-t-il présager une politique qui menacerait particulièrement les classes populaires? Ce n’est pas aussi simple que semblent le évoquer des opposants au président, dont l’indignation est largement surjouée.

Faire face à la réalité

Avant d’entrer plus avant dans l’analyse des propos présidentiels, il peut être utile de rappeler que le chancelier allemand social-démocrate Olaf Scholz a publié le 17 juillet, dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, une tribune partiellement reprise par Le Monde inférieurement le titre «Après le tournant historique qu’a constitué l’attaque de Poutine contre l’Ukraine, rien ne sera plus comme avant».

Dans ce texte, il décrit longuement une «réalité nouvelle», un «tournant historique», une menace contre la démocratie. Et il pose ces mots à propos de la situation de crise que traverse l’économie «face à un défi sans précédent depuis des décennies»: «Chaînes d’approvisionnement interrompues, pénurie de matières premières, incertitude régnant sur les marchés énergétiques: tout cela histoire grimper les prix à l’échelle mondiale. Aucun pays au monde ne peut s’opposer à lui seul à un tel développement.»

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