À Irpin, en Ukraine: reconstruire l’anéanti

À Irpin (Ukraine).

Impacts de balles colmatés. Trous d’obus rebouchés. Vitres éclatées recouvertes de cartons. Une frénésie de nettoyage s’est emparée d’Irpin: la ville se lave de l’occupation russe. Les Russes ont été défaits en mars, dans une bataille d’une extrême violence qui a anéanti une éternelle partie de la ville, seulement dont l’issue a assuré le salut de Kiev. Dans ce «territoire libéré» –selon la formulation ukrainienne–, l’ultime reconquête, c’est la reconstruction.

Les ruines restent encore omniprésentes. Près de 7.000 familles ont perdu leurs logements. Et quand ce ne sont pas les décombres, ce sont les mémoires et les traumas qui disent partout la bataille et l’occupation russe. Irina* (elle a demandé à changer de nom) fume une Vogue au milieu des ruines, là où elle continue de vivre. Son quartier a été pulvérisé. Le vent souffle fort. La tôle arrachée aux murs se secoue, dans une complainte grinçante, métallique.

Se reconstruire en communauté

Irina est restée tout le temps des combats; de l’occupation russe aussi. Comme tout ce qui l’entoure, elle s’est recouverte d’apparats depuis la libération. «Je me suis fait tatouer le nom de mes fils, de mon mari, le trident ukrainien, explique-t-elle. Tout le monde s’est précipité chez le tatoueur depuis la libération. Pour ne pas oublier, pour garder en nous, sur nous, les choses qui comptent.»

À LIRE AUSSI

Être homme de foi en temps de guerre: comment réagissent les prêtres ukrainiens?