La sœur de Kim Jong-un a peu de chances de succéder à son frère pour diriger la Corée du Nord

Ces derniers temps, de nombreuses rumeurs remettent en question la santé de Kim Jong-un, l’actuel dirigeant suprême de la Corée du Nord, après qu’il a perdu beaucoup de poids plus tôt dans l’année. Sur la scène publique, sa sœur Kim Yo-jong semble prendre la relève.

Avec ses déclarations destinées à la communauté internationale –le mardi 3 août dernier, elle accusait les responsables sud-coréens d’être des «traîtres»–, elle agit de plus en plus comme son frère aîné, rapporte Newsweek.

Selon Gabiela Bernal, analyste des affaires coréennes basée à Séoul, il est très peu probable que Kim Yo-jong, âgée de 33 ans, devienne la prochaine cheffe du pays. «D’abord, elle est une femme. Et cela semble être un problème aux yeux de cette société patriarcale. La seule chose dont elle bénéficie, c’est sa lignée, sans laquelle aucune femme n’aurait jamais eu une telle influence politique dans ce pays.» Ainsi, Gabiela Bernal pense plutôt que, si quelque chose devait arriver à Kim Jong-un, il serait plus probable qu’un militaire de haut rang, fidèle à la famille Kim, prenne le relais à titre officiel, tandis que Kim Yo-jong jouerait un rôle plus symbolique.

Un outil de com’

Pour l’analyste, il ne s’agit que d’une stratégie de communication. «Même si Kim Yo-jong fait souvent des déclarations au nom du gouvernement nord-coréen, cela ne veut pas dire que c’est elle qui contrôle. Kim Jong-un reste toujours celui qui donne les ordres, pour autant que nous sachions», a-t-elle indiqué à Newsweek. Elle a aussi ajouté que Kim Jong-un utilisait probablement sa sœur comme porte-parole afin d’exprimer toute la colère et les menaces qui visent la Corée du Sud et les États-Unis. «De la sorte, les commentaires ne retombent pas directement sur lui, et il peut toujours revenir sur ses déclarations ultérieures a posteriori pour rouvrir la voie à une forme de diplomatie ou de pourparlers.»

Tom Fowdy, du Chollima Report, confie à Newsweek que la communauté internationale a tendance à trop s’emporter lorsqu’il s’agit de la santé du dirigeant nord-coréen, alors que les annonces sont souvent basées sur des rumeurs ou des spéculations. «L’état de santé des leaders nord-coréens a toujours été un secret bien gardé et la République populaire démocratique de Corée ne veut jamais reconnaître le moindre signe de faiblesse chez ses dirigeants», a-t-il ajouté.

Quant à Kim Yo-jong, il explique que son ascension au pouvoir s’inscrit dans une tactique de diplomatie internationale. «C’est une voix secondaire, qui est utilisée pour transmettre des messages dont le contenu est consiédéré comme important, mais qui ne relèvent pas de la gravité, un ton exclusivement réservé à Kim Jong-un en personne, déclare Tom Fowdy. Elle peut exprimer son mécontentement et sa désapprobation, sans pour autant couper l’accès aux discussions organisées par son frère.»

Si la succession au trône nord-coréen n’est pas automatique de frère en sœur, elle pourrait l’être de père en fils. Dès lors, Kim Yo-jong aurait des concurrents. Bien que peu d’informations circulent en public à propos de sa progéniture, Kim Jong-un aurait eu trois enfants avec sa femme Ri Sol-ju depuis le mariage du couple en 2009. En 2017, CNN suggérait qu’au moins l’un de ces successeurs présumés soit un garçon.