Confinés, des couples se sont mis à consommer de la cocaïne ensemble

Depuis un an, en raison des confinements liés à la pandémie de Covid-19, de nombreux couples se sont retrouvés enfermés ensemble. Si certains ont dû apprendre tant bien que mal à vivre à deux dans un espace exigu, d’autres ont trouvé un moyen peu conventionnel de gérer cette promiscuité forcée: consommer de la cocaïne.

Vice a interrogé plusieurs couples, et tous ont demandé à rester anonymes pour parler librement de leur consommation de drogue. «Quand le confinement a commencé, nous nous sommes retrouvés à en prendre la plupart des week-ends et même parfois pendant la semaine», raconte Rachel*, 24 ans. Elle et son compagnon, Tom*, 27 ans, travaillent encore aujourd’hui depuis leur domicile.

Amour et drogue, cocktail addictif

Prendre de la cocaïne de façon régulière est évidemment tout sauf sain. Cela «abîme le cartilage, a des conséquences psychologiques et peut conduire à des arrêts cardiaques», explique Nuno Albuquerque, conseiller en toxicomanie aux UK Addiction Treatment Centres. Certaines personnes estiment pourtant que se droguer avec leur partenaire présente quelques avantages.

«Généralement, nous ne consacrons pas beaucoup de temps au sexe parce que nous avons toujours trop de choses à faire. Mais quand nous sommes sous cocaïne, nous pouvons le faire pendant des heures», confie Dan*, 37 ans. Son mari Ash*, 36 ans, abonde dans son sens: «La première fois que nous avons apprécié l’anal ensemble, c’était sous coke, pendant le confinement.»

Dire n’importe quoi, se lâcher des heures durant sous l’emprise de la cocaïne peut également sembler plaisant. Pour certains couples, ce genre de session bavarde s’avère même thérapeutique. «Nous avons des conversations plus honnêtes, plus intimes: par exemple, sur la question de savoir si nous voulons des enfants ou non, témoigne Rachel. C’est quelque chose que nous n’avions jamais abordé avant le confinement. Maintenant nous en parlons ouvertement, même sans cocaïne.»

Mais consommer de la cocaïne en couple, c’est aussi s’exposer au risque que l’un des partenaires (lorsque ce n’est pas les deux) y devienne dépendant. «C’est arrivé à un point où j’ai demandé à Dan de me le cacher», admet Ash. Rachel aussi a remarqué des différences de consommation au sein de son couple: «Parfois, Tom en prend avant même que nous ayons commencé à boire. Il en a achetée vendredi dernier sans me le dire.»

Nuno Alburquerque suggère de faire attention aux effets à long terme. «La consommation de drogue peut mener à une augmentation de la libido, ce qui peut être attrayant pour un couple. Mais la recherche a montré que les personnes sous cocaïne sont moins susceptibles d’utiliser des contraceptifs pendant leurs rapports sexuels, avertit-il. Pour les femmes en particulier, cela peut modifier le cycle menstruel et pour les deux partenaires, provoquer de graves sautes d’humeur.»

À l’heure où nous sortons de ce monde confiné, nous devrions de la même manière sortir des habitudes prises pendant cette période. Mais que va-t-il advenir de ceux devenus accros à la cocaïne au cours de l’année et de leur couple? Dan, par exemple, n’a pas prévu d’arrêter d’en consommer: «Je n’en ressens pas le besoin, c’est quelque chose que j’apprécie.»

*Le prénom a été changé.