Pourquoi les champions olympiques mordent-ils leurs médailles et qu’en font-ils après leur victoire?

Un athlète victorieux, debout sur le podium, avec sa médaille entre les dents. C’est une image emblématique du sport. En temps de Jeux olympiques, nous avons l’occasion de la voir à de nombreuses reprises, et dans toutes les disciplines. À tel point que dimanche dernier, le compte Twitter officiel des JO de Tokyo a rappelé que les médailles ne se mangeaient pas. «Nous voulons juste confirmer officiellement que les médailles #Tokyo2020 ne sont pas comestibles!», pouvait-on lire dans un tweet illustré de photos d’athlètes croquant leur récompense.

We just want to officially confirm that the #Tokyo2020 medals are not edible!

Our medals are made from material recycled from electronic devices donated by the Japanese public.

So, you don’t have to bite them… but we know you still will #UnitedByEmotion

— #Tokyo2020 (@Tokyo2020) July 25, 2021

Mais pourquoi donc les athlètes victorieux célèbrent-ils leur couronnement en mordant leur médaille? C’est la question que se pose CNN.

Arborer sa médaille pour mieux la cacher

En 2012, David Wallechinsky, membre du comité exécutif de la Société internationale des historiens olympiques, avait émis l’hypothèse qu’il s’agissait là probablement d’une manière de satisfaire les médias. «C’est devenu une obsession avec les photographes», expliquait celui qui a aussi publié The Complete Book of the Olympics. «Je pense que [les athlètes] considèrent ça comme un cliché, une image qui fait vendre. Je ne pense pas qu’ils le feraient d’eux-mêmes.»

Le phénomène n’est cependant pas exclusif aux JO. La superstar du tennis Rafael Nadal est devenue célèbre pour faire toujours semblant de croquer un morceau des trophées qu’il remporte, tels que la Coupe des Mousquetaires –le trophée de Roland Garros– qu’il commence à bien connaître.

Pour ce qui est de la sécurité, les champions ne manquent pas d’imagination pour trouver une place à leurs récompenses. L’Anglais Tom Daley, qui a gagné l’épreuve de plongeon synchronisé avec son partenaire Matty Lee, a tricoté une pochette pour y ranger sa médaille le temps de son séjour à Tokyo. L’athlète, qui s’était mis au crochet durant les confinements de 2020, a précisé sur Instagram qu’il avait fabriqué cette pochette pour ne pas rayer sa médaille. Quant à la footballeuse de l’équipe américaine Christie Rampone, elle avait confié en 2008 au Tampa Bay Times qu’elle cachait sa panoplie de médailles avec ses casseroles car elle estimait que ce serait le dernier endroit où chercher pour les trouver.

Le nageur Michael Phelps, lui, a mis au point des méthodes originales depuis le début de ses JO pour transporter tous ses prix. En 2012, il a reconnu conserver ses huit médailles d’or des JO de Pékin 2008 dans une trousse de maquillage, enveloppée d’un t-shirt gris. Étant donné qu’il est le sportif le plus décoré des JO de tous les temps, avec un total de 28 médailles, il se devait d’être innovant pour les ranger.

À l’inverse, tous les sportifs ne conservent pas ce souvenir olympique. Le boxeur Wladimir Klitschko a raconté à CNN qu’il avait vendu sa médaille d’or obtenue aux Jeux d’Atlanta en 1996 pour un million d’euros –l’argent étant reversé à la Klitschko Brothers Foundation, une organisation caritative fondée avec son frère Vitali pour aider les enfants pauvres de leur pays d’origine, l’Ukraine. «Nous nous soucions du sport et de l’éducation, c’est la clé de toute vie d’enfant», a-t-il déclaré.