Le venin d’araignée peut aider à se remettre d’une crise cardiaque

En Australie, foyer de certaines des créatures les plus vénéneuses de la planète, des scientifiques ont fait une découverte à partir de venin d’araignée, rapporte The Washington Post. Ils espèrent qu’il pourrait prolonger la vie des cœurs greffés et donner lieu à un nouveau médicament qui aiderait des patients à se remettre d’une crise cardiaque.

Publiée dans le journal Circulation, leur étude explique qu’une protéine, appelée Hi1a, a été identifiée dans le venin des Atracidae –également surnommées «araignées à toile-entonnoir»– présentes sur l’île de Fraser, au large de la côte Est du Queensland. D’après les chercheurs, cette molécule permet l’amélioration de la viabilité des cellules du cœur. Dès lors, elle pourrait être utilisée dans les traitements médicaux après une attaque cardiaque ou lors d’un processus de greffe de cœur.

Une araignée mortelle qui sauve la vie

Les araignées à toile-entonnoir sont considérées par certains scientifiques comme les plus dangereuses au monde. Leurs crocs sont puissants, capables de pénétrer des ongles, et leur venin sert à immobiliser ou tuer leur proie. Lorsqu’une personne est mordue par cette araignée, c’est tout son système nerveux qui est paralysé.

«Bien que des milliers de molécules se trouvent dans [son] venin, une seule est connue pour être capable de tuer l’être humain. Les autres présentent un intérêt particulier pour des nouveaux médicaments potentiels», explique Nathan Palpant, coauteur de l’étude. En effet, lors d’une crise cardiaque, des «signaux mortels» sont envoyés aux cellules du cœur, causant ainsi leur autodestruction. Mais cette protéine Hi1a aurait la capacité d’interrompre ce message qui indique la mort d’une cellule et par conséquent de sauver le plus de tissus cardiaques possible.

«Le problème avec le cœur, c’est qu’il n’a aucune capacité de régénération, précise Glenn King, également coauteur de l’étude. Les victimes peuvent survivre à une crise cardiaque, mais leurs cellules musculaires perdues ne reviendront jamais, donc elles ont un cœur très endommagé. C’est pourquoi sauver le moindre tissu musculaire pendant ou après une crise cardiaque est vraiment très important.»

Les maladies cardio-vasculaires sont la principale cause de décès dans le monde, faisant environ 17,9 millions de morts chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et plus de quatre décès sur cinq sont dus à des crises cardiaques et à des accidents vasculaires cérébraux. Toujours selon l’OMS, un tiers de ces décès surviennent chez des personnes de moins de 70 ans. «Malgré des décennies de recherche, personne n’a été en mesure de développer un médicament qui arrête le signal de mort dans les cellules cardiaques, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles les maladies cardiaques continuent d’être la principale cause de décès dans le monde», affirme Palpant.