E-commerce : Shopify, l’alternative à Amazon

Shopify se qualifie volontiers de « plateforme anti-Amazon ». Le géant mondial de l’e-commerce reste incontournable mais, durant la crise sanitaire, sans le savoir, il est fortement possible que vous ayez aussi été client de son nouveau grand concurrent. L’entreprise canadienne développe en effet un logiciel pour lancer sa e-boutique sur mesure avec toutes les options imaginables en vue de développer un site marchand : créer un panier d’achat, imprimer les factures, gérer la livraison, la promotion, etc.

À l’image de Google ou Apple, Shopify propose aussi sa plateforme de téléchargement d’applications, cette fois-ci dédiée aux entrepreneurs. Avec l’appli Facebook, par exemple, il est plus simple pour ces derniers de gérer leurs publicités sur le réseau social, tandis qu’avec Shipup, ils peuvent suivre en temps réel la livraison des produits et en informer le client. Au total, on ne dénombre pas moins de 6000 applications sur le site de Shopify. Le prix du service commence dès 23,84 euros par mois et va jusqu’à 245,77 euros, selon l’offre choisie.

Pour le commerçant sans aucune connaissance technique qui veut déployer son activité sur le web, la société représente la solution clé en main la plus abordable. Au total, 1,7 million de sites marchands ont été créés grâce à son logiciel dans 175 pays. Dans l’Hexagone, 4,2 milliards d’euros d’activité économique ont été générés par les utilisateurs de la plate-forme et les boutiques en ligne créées depuis Shopify ont augmenté de 61 % en 2020. La crise sanitaire n’aura fait qu’accélérer le modèle proposé par le groupe canadien qui emploie plus de 5000 personnes à travers le monde.

Des solutions pour les petites boutiques

Simon Ezanno, caviste à Belz (Morbihan), en Bretagne, a lancé son site une semaine après l’annonce du premier confinement. « Le système d’application a permis de mettre en place rapidement toute la logistique nécessaire pour promouvoir et livrer nos produits. Alors que la clientèle était encore très locale avant le confinement, elle a commencé à s’étendre aux villes environnantes », explique le jeune entrepreneur.

Au niveau mondial, en 2020, les volumes de transactions réalisées via les boutiques Shopify ont eux progressé de 119 % « Ces chiffres, on imaginait les réaliser bien plus tard, explique Harley Finkelstein, président de Shopify. La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer un modèle dans lequel nous avions déjà confiance ». Si le logiciel est aussi populaire auprès des entrepreneurs c’est sûrement parce qu’il a été imaginé par des personnes qui voulaient d’abord se lancer dans l’e-commerce.

Comme tous les grands groupes de la tech, Shopify a commencé sa success story avec une idée audacieuse. En 2006, Tobias Lütke, jeune ingénieur de 22 ans, veut créer une boutique en ligne spécialisée dans le snowboard. Face au manque de solutions qui s’offrent à lui pour se lancer dans l’e-commerce, il se met à coder son propre logiciel, destiné à la création d’un site marchand.

Un partenariat avec Google

Avec deux autres spécialistes devenus ses associés, Daniel Weinand et Scott Lake, ils décident de commercialiser ensemble leur solution. Avant d’occuper le poste de président de l’entreprise, Harley Finkelstein a été l’un des premiers clients de Shopify : « Je vendais des t-shirts pendant mes études de droit. J’ai rencontré les trois fondateurs lors d’un café et j’ai adoré leur logiciel. Quelques mois plus tard, après avoir commencé ma carrière de juriste, j’ai décidé d’abandonner le droit pour les rejoindre dans leur aventure ».

Avec le temps, le succès de la plate-forme l’a rendue incontournable pour tous les acteurs du Web. S’associer à Shopify, c’est partager l’audience de sites d’e-commerce en pleine croissance. Dernièrement, Google a annoncé un partenariat avec le groupe canadien pour présenter sa propre application sur la plate-forme. Le géant numérique compte sur les entrepreneurs pour privilégier son moteur de recherche et sa rubrique shopping, afin de mettre en avant leurs produits plutôt que d’autres sites…

Pour Shopify, c’est un allié de choix dans la bataille qui l’oppose au modèle d’Amazon. « La réussite d’un produit ne devrait pas être entre les mains d’une plate-forme tierce, défend Harley Finkelstein, visant clairement la société de Jeff Bezos. Nous préférons nous effacer et laisser le commerçant fabriquer son propre site. Le choix pour les consommateurs sera d’autant plus intéressant s’il y a une multitude de boutiques plutôt qu’une seule qui éclipse les marques ».